Posts Tagged: alien

Photo

Faites gaffe quand même les gens ! // Be careful people !

Joyeuses Pâques // Happy Easter !

Al2sf

Text



Ma critique du film “Prometheus” et le problème de la peur moderne…



Voilà donc ce film hype que nous étions nombreux à attendre.

Hype à cause de sa promo virale magistralement orchestrée (en grande partie par Damon Lindelof, co-scénariste co-créateur de Lost) qui consister à faire mariner l’internaute à coup de rumeurs de franchise Alien et de scènes indépendantes du film. En partie, le “Buzz” aura eu raison du film ; Il faut, bien sûr, créer des attentes, mais plus elles sont élevées, plus il est difficile d’y répondre.

En ce qui concerne : LA question est-ce véritablement une préquelle d’Alien ?

Réponse : Oui. Mais pas celle que vous pensiez nécessairement.

Il y a d’abord une info primordiale à retenir avant d’aller voir Prometheus : Le film ne se déroule pas sur la planète du premier Alien. Voilà, c’est tout. Personne ne l’a dit, personne ne l’a précisé, mais il faut le prendre en compte. Ainsi, il sera inutile d’essayer faire des tous les liens entre ce film et la franchise…


Maintenant : est-ce que c’est bien ?

Vous ne m’en voudrez pas de vous répondre de manière mathématique : oui, à 75%. Parce que les 3 premiers quarts du film tiennent la route et c’est le dernier qui fait défaut, sans être totalement mauvais, juste trop…formaté.

Ridley Scott sait toujours bien tenir une caméra même s’il exploite moins les peurs des précédents Alien (qu’il sait faire étant donne qu’il en est l’instigateur). Scott se contente plutôt d’utiliser cette forme de peur cinématographique contemporaine qui consiste à tout montrer sans suggérer, ce qui - à mon goût - espremier dommage. Les créatures servent mieux la peur quand elles se font désirer, quand on a le temps de les craindre justement parce qu’on ne les à pas encore vues. L’imagination est généralement le meilleur moteur de la peur ; à l’image des “Dents de la mer” ou du premier “Alien”, exemple de peur suggérée qui est nettement plus prenante que celle de “Prometheus”. Même s’il y règne une notion de mystère, la peur est directe car, ici, immédiatement payante. C’est ce que j’appelle la peur “Bouh!”, comme quand quelqu’un vous saute dessus à l’improviste, pour vous faire peur. Ça marchera toujours car c’est humain mais son effet ne s’inscrit pas dans la longueur, contrairement à la peur suggérée. Ce qui est efficace n’est pas pour autant original.

Prometheus est le film d’un seul visionnage. Il repose tellement sur l’exploration et la découverte qu’il risque de donner un sentiment de lenteur lors d’une deuxième vision (sans compter ceux qui l’ont ressenti immédiatement).

Le casting est impeccable. Avec en tête Noomi Rapace (la Lisbeth Salander originelle de “Millenium”) sorte de Ripley “New Generation”  (ça alors !) ; Michael Fassbender est, comme à son habitude, excellent, dans le rôle du droïde (“Répliquant” ?) qui est ambigu, comme toujours dans l’univers d’Alien. Viennent ensuite Idris Elba, toujours convaincant, et la sous-utilisée Charlize Theron. Très bonne en femme froide, main de fer du vaisseau, mais dont l’implication scénaristique reste trop limitée.

Indépendamment, si Prometheus fonctionne, ce n’est pas dû à cet univers ou au metteur en scène, mais parce qu’il marche sur un schéma narratif pré-établi qui a fait ses preuves : celui d’Alien. Prometheus en aura pris plus la forme (l’intrigue) que le fond (la peur).

Même s’il est, en parti, mieux exécuté que la moyenne, ce film se marie bien avec ce paysage cinématographique actuel de “remakes/suites/préquelles des années 80 à 90” dont le cinéma Hollywoodien ne semble pouvoir s’extirper…