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Sorti le 25 décembre

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Don Jon de Joseph Gordon-Levitt

L’enfant prodigue du cinéma indépendant passe à la réalisation. Mais l’homme a t’il autant à dire que l’on pourrait y penser…? 

Sujet : Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation (Allociné)… 

Critique : On pourrait d’abord croire à une adaptation contemporaine de Don Juan, mais il n’en est rien. Le titre, probablement plus un hommage, se réfère aussi à son personnage qui partage certains traits du personnage dans le sens que c’est un dragueur invétéré, un véritable “homme à femmes”. L’objectif premier du film est de mettre un parallèle l’opposition entre l’homme et la femme en ce qui concerne leur vision du sexe opposé : le personnage de Levitt est un addict du porno alors que celui de Johansson ne regarde que des film romantiques à l’eau de rose (n’est-ce pas un pléonasme d’ailleurs ?).  

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Le film ne reste pas que sur cette opposition (qui aurait pu être le moteur principal d’une grosse comédie), non il part ensuite sur une voie plus classique, le questionnement de l’éternel dragueur face à LA femme, au fait de se ranger. Dès lors, son idée de base (intéressante au demeurant) est diluée dans ce qui est un film d’une forme plus classique. Attention, cela n’enlève rien à l’œuvre, vraiment intéressante, puis qu’elle se paye même le luxe de renverser ses personnages en montrant un visage différent en ce qui concerne un personnage, pendant qu’un autre murit.

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Les acteurs sont extrêmement justes et même touchants. Personne ne boudera son plaisir en revoyant à l’image Tony Danza (oui, de Madame est servie) en caricature de père du New Jersey. La caricature, justement, c’est ce dont il est question ici, ça et les moyens de s’en détourner, ce qui est justement le message du film en ce qui concerne les images, les médias et ce qu’ils nous renvoient.

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Pour sa première mise en scène (en long métrage), Joseph Gordon-Levitt rend tout à fait honneur à la pellicule en nous présentant quelque chose de sympa, pas très original, certes, mais dynamique et propre, ce qui est tout de même plus que respectable pour un premier film.

Joseph Gordon-Levitt: si vous ne connaissez que l’acteur, retenez aussi le réalisateur, nul doute qu’avec une telle plume et une caméra (et je ne parle me pas de l’acting) on reparlera de lui à l’avenir…et en bien.

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Verdict : Il faut mettre les choses en perspectives : Non, ce film n’est pas parfait, mais il n’en reste pas moins un bon film et en prenant en compte que c’est aussi un premier film, cela laisse beaucoup d’espoir quant à la carrière future du réalisateur/scénariste…

3.5/5

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Le pari n’était pas gagné d’avance.
Loin de là.

Marvel -depuis son rachat par Disney- s’est décidé à porter à l’écran chacun de ses héros mythiques, en attendant de finalement tous les lier dans “Les Vengeurs”, devenus “Avengers” même en France parce que…parce que. C’est tout. Le pari n’était pas gagné d’avance parce que les précédents films Marvel en question était sympas mais c’est tout. À l’exception du premier Iron Man (qui a eu le mérite de nous ramener Robert Downey Jr. à sa place : sur le devant de la scène).
Le deuxième Iron Man était très faible et ne comptait pas d’autre intérêt que de présenter Scarlett Johansson en tant que la Veuve noire.
Thor était un cauchemar visuel avec un Asgard (le monde des Dieux Nordiques) tape à l’oeil et des costumes vraisemblablement tirés de l’adaptation des “Maîtres de l’Univers” (je suis un peu dur, mais les vrais savent).
Reste enfin “Captain America” et son personnage difficilement vendable hors du continent américain qui pourtant s’offre le luxe de bien s’en sortir en parti grâce à cette décision courageuse de faire se dérouler le film pendant la seconde guerre mondiale.
Bref, suite à ses films aux succès sympathiques (comparé aux méga blockbusters d’aujourd’hui) l’heure était venu d’emballer tout cela dans les Avengers, enfin. Et là Marvel à l’idée qui va pas mal changer la donne en la personne de Kevin Feige, responsable Cinéma de Marvel qui décide de faire appel à Joss Whedon. Là où l’idée est excellente, c’est qu’indépendamment des qualités de Whedon, Marvel choisit là un symbole de l’univers Geek pour réaliser LE film Geek par excellence (l’info était pendant quelques heures au sommet des “Trending Topics” de Google presque autant que lors du final de Lost).

Le pari n’était pas gagné parce que Joss Whedon a réalisé…UN film. Oui, oui, un seul film et on lui confit les rênes d’une machine à 300 millions de dollars. Son film précédent était un succès phénoménal alors ? Même pas. “Serenity”, la conclusion cinématographique de sa série TV mort-née “Firefly” rapporte 39 millions de dollars, worldwide (une broutille)…Alors quoi ? Ben Joss Whedon, c’est aussi le papa de la série “Buffy the vampire slayer” qui, avec ses 7 années d’existence, possède un noyau de fans encore très présents aujourd’hui (l’auteur de ces lignes y compris). Peu de personnes peuvent contester la qualité d’écriture de Whedon dont les nombreux “élèves” sont devenus les créateurs ou scénaristes principaux de plusieurs séries américaines majeures (“The Shield”, “Lost”, “24”, “Smallville”, “Battlestar Galactica”, “Alias” et “Les Experts”. Ça vous suffit ?).

Whedon écrit aussi des comics à ses heures perdues pour…Marvel, ben oui et ça se voit. En réunissant toutes ses grandes figures dans un seul et même long-métrage Marvel prend un grand risque : si ce film venait à faire un bide, il mettrait en danger les autres filiales du groupe. Seulement voilà : il ne fera pas un bide. Loin de là, croyez-moi… Whedon -aussi scénariste- soigne tous les personnages, chacun à son moment, sans que cela fasse creux, le film prend donc en compte les individualités de chacun même si Tony Stark/Robert Downey Jr. est le personnage central, qu’on le veuille ou non, tellement l’acteur vole la vedette à chaque scène où il apparaît. Le film se base autour de Loki, le frère de Thor, qui menace la terre, tout comme dans la BD originelle de Stan Lee, mixée avec son “remake” contemporain, les Ultimates de Mark Millar. Du coup les “héros les plus puissants de la terre” doivent s’unir pour affronter une menace que seuls, ils ne pourraient combattre. Le film (qui fait plus de 2h20 !) à le mérite de montrer pour la première fois de vrais super-héros en action, comme dans les comics desquels ils sortent. Comme si, au bout du compte, nous n’avions vu qu’une petite partie de leurs habilités dans les films qui leurs étaient consacrés (à l’exception d’Iron man peut-être).

Seules ombres au tableaux : la musique d’Alan Silvestri (“Retour vers le futur” quoi !) qui est invisible et les costumes qui rappelle ceux de Thor, donc pas top top… Pour les amateurs de cinéma d’action, vous en aurez pour votre argent (étant donné la prix d’une place de cinéma aujourd’hui, ce n’est pas négligeable) et pour les fans de comics et bien…c’est un rêve de Geek qui prend vie. Disons que s’il y avait une échelle du film de super héros, en son sommet on y trouverait les Batman de Christopher Nolan et les Avengers de Joss Whedon. D’un côté une histoire sombre, profonde et psychologique, de l’autre un film d’action bien écrit, drôle et terriblement fun.

Le pari n’était pas gagné d’avance.
Il est pourtant réussi.